Même si la pollution informatique est peu évoquée dans les nations développées, elle est le lot quotidien des pays émergents. Chaque année, plusieurs tonnes de déchets électroniques sont déversées auprès des dépotoirs, incinérées ou encore recyclées dans le monde. Dans certains pays comme l’Inde, les personnes chargées d’effectuer ces tâches les exécutent au mépris de toutes les règles de sécurité élémentaires si bien qu’elles mettent chaque jour leur santé voire même leur vie en danger.

Enfants dans les déchets électroniques de New Delhi en Inde
CC Thousandways

Quelques chiffres sur la pollution informatique

En 2008, près d’un milliard d’ordinateurs ont été fonctionnels dans le monde. Ce nombre sera doublé jusqu’en 2015. De l’autre côté, de plus en plus d’écrans, d’unités centrales, d’imprimantes, de téléphones mobiles, de souris, de claviers, de clés USB tombent en panne et viennent s’accumuler dans les dépotoirs.

En tout, 20 à 50 tonnes de déchets informatiques sont enregistrées au niveau mondial selon les statistiques des Nations Unies datant de 2005. Sur le territoire français, chaque utilisateur dégage 25 kilogrammes de déchets d’équipements électriques et électroniques – DEEE tous les ans.


Creative Commons Victorgrigas

Malheureusement, la pollution informatique liée à ces ordinateurs hors services est considérable. 16 tonnes de cadmium et 36 tonnes de mercure se dispersent chaque année dans l’atmosphère suite à l’incinération des DEEE. En outre, des métaux lourds comme le plomb s’infiltrent dans les nappes phréatiques. Les acides utilisés sur les cartes mémoires pour l’extraction des films d’or portent atteinte au pH du sol.

Il y a également le coût énergétique lié à l’usage des ordinateurs, notamment d’Internet. Les serveurs mondiaux consomment annuellement environ 123 térawattheures soit l’équivalent des ressources énergétiques produites par 15 centrales nucléaires. La pollution atmosphérique dégagée n’est pas négligeable.

La situation des forçats du recyclage informatique

L’Inde et la Chine sont devenues depuis des années les dépotoirs des déchets informatiques des pays du monde entier. Malgré la règlementation en vigueur comme la Convention de Bâle, plusieurs containers atterrissent dans ces nations. L’existence d’une main-d’œuvre pas chère et le non-respect de la législation environnementale sont à l’origine de cette situation.

Le tri et le désossement des ordinateurs se font manuellement. La récupération des éléments utiles comme les fils de cuivre s’effectue avec des outils rudimentaires et sans aucune protection. La combustion des déchets, incinérés en plein air, entraine un risque sanitaire important non seulement pour les travailleurs, mais également pour leur entourage.


Recycleurs à Sao Paulo au Brésil – CC Victorgrigas

Heureusement, plusieurs mesures ont déjà été mises en œuvre pour limiter la pollution informatique. L’on se penche actuellement vers deux pistes : usage d’ordinateurs moins consommateurs d’énergie et interdiction des substances toxiques dans la fabrication des appareils électriques et électroniques.

Commentaires bienvenus comme toujours!




Une réponse

  1. LEMAIRE ERIC

    Merci pour cet article ! Il fait écho aux émissions de Yann Artus Bertrand dans lesquelles il a été question du désossage des ordinateurs par des enfants dans des conditions sanitaires très mauvaises.
    Bonne journée
    Eric

    Répondre

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